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viernes, 18 de septiembre de 2026

The Magus

 In John Fowles's novel The Magus, the narrator suspects the other mysterious guests in a mansion on a Greek island are somehow figurants in a masque orchestrated for him by the owner of the house...

 She turned to face the sea again.

'Do you like Maurice?'

'This is only the third time I've met him.' She appeared to wait for me to go on. 'I'm very grateful for his asking me over here. Especially—'

She cut short the compliment. 'We all love him very much.'

'Who is we?'

'His other visitors and myself'. I could hear the inverted commas.

'"Visitor" seems an odd way of putting it.'

'Maurice does not like "ghost".'

I smiled. 'Or "actress"?'

Her face betrayed not the least preparedness to concede, to give up her role.

'We are all actors and actresses, Mr Urfe. You included.'

'Of course. On the stage of the world.'

She smiled and looked down. 'Be patient.'

'I couldn't imagine anyone I'd rather be more patient with. Or credulous about.'

She stared out over the sea. Her voice was suddenly lower, more sincere, out of role.

'Not for me. For Maurice.'

'And for Maurice.'

'You will understand.'

'Is that a promise?'

'A prediction.'

There was a sound from the table. She glanced back, then into my eyes. She had the face I had first seen in the music-room door: both amused and conspiratorial, and now appealing as well.

'Please pretend.'

'Okay. But only in his presence.'

She took my arm and we moved back towards him. He gave us both his little interrogatory headshake. 

'Mr Urfe is very understanding.'

'I am glad.'

'All will be well.'

 

 

domingo, 7 de junio de 2026

La última función

 

Santaolalla, Susana. "Luis Landero y La última función." Audio interview. RNE audio (Libros de arena) 8 Feb. 2024.*

         https://www.rtve.es/play/audios/libros-de-arena/libros-arena-luis-landero-ultima-funcion/15959833/

         2026

miércoles, 27 de mayo de 2026

David Marcia productions (..."ces dramaturges généreux et sauvages")

 Un passage de La Vie mode d'emploi (Georges Perec, p. 450-51):

...avant que David Marcia ne se décide enfin à arrêter les frais.

Il s'intéressa alors à un village de vacances installé en Tunisie dans les îles Kerkennah.  De toutes ces entreprises ce fut la seule qui aurait pu réussir: moins courues que Djerba, les îles Kerkennah offraient aux touristes le même genre d'avantages, et le village de vacances était bien équipé: on pouvait y faire aussi bien du cheval que de la voile, du ski nautique, de la chasse sous-marine, de la pêche au gros, des promenades à dos de chameau, des stages de poterie, de tissage ou de sparterie, de l'expression corporelle et du training autogène. Associé à une agence de voyages qui l'alimentait en clients près de huit mois par an, David Marcia devint directeur du village et les premiers mois tout se passa plutôt bien, jusqu'au jour où il recrute, pour animer un stage de théâtre, un comédien nommé Boris Kosciuszko.

Boris Kosciuszko était un homme d'une cinquantaine d'années, grand et maigre, avec un faciès anguleux, des pommettes saillantes, des yeux de braise. Selon sa théorie, Racine, Corneille, Molière et Shakespeare étaient des auteurs médiocres abusivement élevés au rang de génies par des metteurs en scène moutonniers et sans imagination.  Le vrai théâtre, décrétait-il, avait pour titres Venceslas de Rotrou, Manlius Capitolinus de Lafosse, Roxelane et Mustapha de Maisonneuve, Le Séducteur amoureux de Longchamps; les vrais dramaturges s'appelaient Colin d'Harleville, Dufresny, Picard, Lautier, Favart, Destouches; il en connaissait comme ça des dizaines et des dizaines, s'extasiait imperturbablement sur le beautés cachées de l'Iphigénie de Guimond de la Touche, l' Agamemnon de Népomucène Lemercier, l'Oreste d'Alfieri, la Didon de Lefranc de Pompignan, et soulignait pesamment les lourdeurs que, sur des sujets analogues ou voisins, les soi-disants Grands Classiques avaient commises. Le public cultivé de la Révolution et de l'Empire qui, Stendhal en tête, mettait sur le même plan l'Orosmane de la Zaïre de Voltaire et l'Othello de Shakespeare, ou Rhodamniste de Crébillon et Le Cid, ne s'y était pas trompé, et jusqu'au milieu du eix-neuvième siècle, les deux Corneille furent publiés ensemble et l'œuvre de Thomas appréciée au moins autant que celle de Pierre. Mais l'instruction laïque obligatoire et le centralisme bureaucratique avaient, à partir du Second Empire et de la Trosième République, écrasé ces dramaturges généreux et sauvages et imposé l'ordre débile et étriqué pompeusement baptisé classicisme. 

L'enthousiasme de Boris Kosciuszko était apparemment communicatif car quelques semaines plus tard, David Marcia annonça par voie de presse la création du Festival de Kerkennah, destié, était-il précisé, à "sauvergarder et promouvoir les trésors retrouvés de la scène". Quatre pièces étaientñannoncées: Jason d'alexandre Hardy, Inès de Castro de Lamotte-Houdar, une comédie en un acte et en verse de Boissy, Le Bobillard, toutes trois montées par Boris Kosciuszko, et Le Seigneur de Polisy, tradédie de Raimond de Guiraud dans laquelle s'était immortalisé Talma, mis en scène par le Suisse Henri Agustoni. Diverses autres manifestations étaient prévues, dont un symposium international dont le thème—le mythe des trois unités—constituait à lui seul un éclatant manifeste.

David Marcia ne lésina pas sur les moyens, escomptant que le succès du Festival rejaillirait sur le renom du village de vacances. Avec l'appui de quelques organisations et institutions, il fit bâtir un théâtre de plein air de huit cents places, et tripla le nombre de ses bungalows afin d'assurer l'hébergement des acteurs et des spectateurs.

Les acteurs vinrent en foule—il en fallait une vingtaine rien que pour jouer Junon—et il y eut également affluence de décorateurs, costumiers, éclairagistes, critiques et universitaires; par contre il y eut très peu de spectateurs payants et plusieurs répresentations furent annulées ou interrompues par ces violents orages qui éclaten fréquemment dans cette région au milieu de l'été: à la clôture du festival, David Marcia pur calculer que ses recettes s'élevaient à 98 dinars, alors que l'opération lui en avait coûté près de 30.000.

 

 

miércoles, 25 de febrero de 2026

La mise en scène des apparitions

 Un passage satanique de La Vie mode d'emploi de Georges Perec:

(...)

Blunt Stanley était à la merci d'Aurelio Lopez et il sut très vite qu'Aurelio Lopez entendait bien en profiter: des qu'ils furent en lieu sûr, le Philippin prévint l'officier que tous les détails de sa désertion avaient été consignés para écrit et enfermé dans des enveloppes scellées déposées chez des hommes de loi qui avaient pour consigne d'en perdre connaissance si Lopez restait plus d'un certain temps sans leur donner signe de vie. Puis il lui demanda dix mille dollars. 

Blunt réussit à entrer en contact avec Ingeborg. Sur ses instructions, elle vendit tout ce qu'elle pouvait vendre —leur voiture, leur caravane, ses quelques bijoux— et gagna Hong-Kong où les deux hommes la rejoignirent. Quand ils eurent payé Aurelio Lopez, ils se retrouvèrent seuls, riches d'une soixantaine de dollars avec lesquels ils purent quand même atteindre Ceylan où ils réussirent à décrocher un engagement miteux dans un cinéma à attractions: entre les documentaires et le grand film, un rideau à paillettes venait recouvrir l'écran et un haut-parleur annonçait Joy and Hieronymus, les célèbres devins du Nouveau Monde. 

Leur premier numéro exploitait deux trucs classiques des magiciens de fête foraine: Blunt, en fakir, devinait diverses choses à partir de chiffres apparemment choisis au hasard; quant à Ingeborg, en voyante, elle éraflait avec une plume d'acier la gélatine d'une plaque photographique représentant Blunt et une balafre sanglante identique apparaissait sur le corps de son partenaire. Le public cinghalais raffole habituellement de ce genre d'attractions, mais ils boudèrent celles-là: très vite, Ingeborg se rendit compte que son mari avait sur scène une présence indéniable mais qu'il était absolument indispensable qu'il n'ouvre jamais la bourche, sinon pour émettre deux ou trois sons inarticulés.

L'idée première de leurs prestations ultérieures naquit de cette contrainte et s'affina rapidement: après divers exercices de divination, Ingeborg entrait en transe et, communiquant avec l'au-delà, en faisant émerger l'Illuminé lui-même, Swedenborg, "le Bouddha du Nord", vêtu d'une longue tunique blanche, la poitrine constellée d'emblèmes rosicruciens, apparition lumineuse, vacillante, fuligineuse et fulgurante, effrayante, accompagnée de craquements, d'éclairs, d'étincelles, d'effluves, d'exhalaisons, d'émanation de toutes sortes. Swedenborg se contentait de pousser quelques grognements indistincts, ou des incantations du genre de "Atcha Botatcha Sab Atcha" qu'Ingeborg traduisait en phrases sibyllines émises 'une voix sifflante et étranglée:

"J'ai franchi les mers. Je suis dans une ville centrale, au pied d'un volcan. Je vois l'homme dans sa chambre; il écrit, il porte une large chemise flottante, noire avec des parements jaunes et blancs; il place la lettre dans un recueil de poésies de Thomas Dekker. Il se lève; il est une heure sur la pendule qui orne sa cheminée, etc." 

Leur numéro,  fondé sur les préparations sensorielles et psychologiques habituelles dans ce genre d'attraction —jeux de miroir, jeux de fumée à base de diverses combinaisons de charbon, soufre et salpêtre, illusions d'optique, mise en scène sonore— recontra d'emblée le succès, et quelques semaines plus tard un tourneur de spectacles leur offrit un contrat intéressant pour Bombay, l'Irak et la Turquie. C'est là, au cours d'une soirée dans une boîte de nuit d'Ankara qui s'appelait The Gardens of Heian-Kyô qu'eut lieu la rencontre qui allait décider de leur carrière: à la fin de leur spectacle, un homme rendit visite à Ingeborg dans sa loge et lui proposa cinq mille livres sterling si elle consentait à le mettre en présence du Diable, et plus précisément de Méphistophélès, avec lequel il souhaitait passer le pacte habituel: son salut éternel contre vingt ans d'omnipotence.

Ingeborg accepta. Faire apparaître Méphistophélès n'était pas, en soi, plus compliqué que faire apparaître Swedenborg, même si cette apparition devait se produire en présence d'un témoin unique, et non plus devant plusieurs dizaines ou centaines de spectateurs indifférents, amusés ou médusés, et, de toute façon, assis beaucoup trop loin de la chose pour venir vérifier certains détails si l'envie leur en prenait. Car si ce spectateur privilégié avait cru à l'apparition du "Bouddha du Nord" au point de risquer cinq mille livres pour voir le Diable, il n'y avait aucune raison pour que sa demande ne soit pas comblée.

Blunt et Ingeborg s'installèrent donc dans une villa louée pour la circonstance et modifièrent leur mise en scène en fonction de l'apparition demandée. Au jour fixé, à l'heure dite, l'homme se présenta à la porte de la villa. Pendant trois semaines, obéissant aux scrictes recommandations d'Ingeborg, il s'était efforcé de ne jamais sortir avant la tombée de la nuit, de ne se nourrir que de légumes verts cuits à l'eau et de fruits pelés avec des instruments non métalliques, de ne boire que des décoctions de fleurs d'orangers et des infusions de menthe fraîche, de basilic et d'origan. 

Un serviteur indigène fit pénétrer le candidat dans une pièce presque sans meubles, entièrement peinte en noir mat, à peine éclairée par des torchères évasées qui donnaient des flammes d'un jaune verdâtre. Au centre de la pièce pendait une boule de cristal taillé, tournant lentement sur elle-même et dont les mille minuscules facettes lançaient de façon apparemment imprévisible des éclats étincelants. Ingeborg était assise en dessous, dans un haut fauteuil peint en rouge sombre. A environ un mètre d'elle, un peu à sa droite, sur des pierres plates posées à même le sol, un feu brûlait en dégageant une fumée abondante et âcre. 

Selon l'usage l'homme avait apporté dans un sac de toile bise une poule dont il banda les yeux et qu'il égorgea au-dessus du feu, en regardant dans la direction de l'est. Le sang de la poule n'éteignit pas le foyer; il parut au contraire, l'aviver: de hautes flammes bleues dansèrent et la jeune femme, pendant plusieurs minutes, les observa attentivement, sans davantage se préoccuper de la présence de son client. Enfin, se levant, elle prit avec une petite pelle des cendres qu'elle jeta sur le sol, un peu en avant de son fauteuil, où, instantanément, elles dessinèrent un pentacle. Prenant alors l'homme par le bras, elle le fit s'asseoir dans le fauteuil, l'obligeant à se tenir très droit, immobile, les mains posées bien à plat sur les accoudoirs. Elle-même, s'agenouillant au centre du pentacle, se mit à déclamer d'une voix suraigüe une incantation aussi longue qu'incompréhensible:

"Al barildim gotfano dech min brin alabo dordin falbroth ringuam albaras. Nin porth sadikim almucathin milko prin al elmim enthoth dal heben ensouim: kuthm al dum alkatim nim borth dechoth parth min michais im endoth, pruch dal maisolum hol moth dansrilim lupaldas im voldemoth. Nin hur diavosth mnarbotim dal goush palfrapin duch im scoth pruch galeth dal chinon min foulchrich al conin butathen doth dal prim." 

 Au fur et à mesure que l'incantation se déroulait, la fumée se faisait de plus en plus opaque.  Bientôt il y eut des fumerolles roussâtres accompagnées de crépitements et d'étincelles. Puis tout à coup les flammes bleuâtres grandirent démesurément et presque aussitôt retombèrent: juste derripere le feu, debout, les bras croisés, Méphistophélès souriait de toutes ses dents.

C'était un Méphisto plutôt traditionnel, presque conventionnel même. Il n'avait ni cornes, ni longue queue fourchue, ni pieds de bouc, mais un visage verdâtre, des yeux sombres très enfoncés dans leurs orbites, des sourcils épais et très noirs, des moustaches effilées, une barbichette à la Napoléon III. Il portait un costume assez imprécis dont étaient surtout visibles un jabot en dentelle immaculé et un gilet rouge sombre, tout le reste étant masqué par une grande cape noire dont les revers de soie rouge feu luisaient dans la demi-obscurité. 

Méphistophélès ne dit pas un mot. Il se contenta d'incliner très lentement la tête en portant sa main droite contre son épaule gauche. Puis il tendit le bras au-dessus du foyer dont les flammes semblaient maintenant presque immatérielles et dégagaient une fumée très parfumée, et il fit signe au candidat de s'approcher. L'homme se leva, et vint se placer devant Méphistophélès, de l'autre côté du feu. Le Diable lui tendit un parchemin plié en quatre sur lequel étaient tracés une dizaine de signes incompréhensible; puis, luis saisissant la main gauche, il lui piqua le pouce avec une aiguille d'acier, faisant perler une goutte de sang qu'il apposa sur le pacte; dans le coin opposé, il traça rapidement avec son index gauche apparemment couvert d'une suie grasse et épaisse sa propre signature, qui ressemblait à une grosse main qui n'aurait eu que trois doigts. Puis il déchira la feuille en deux, en mit une moitié dans la poche de son gilet et tendit l'autre à l'homme en s'inclinant profondément.

Ingeborg posa un cri strident. Il y eut comme un bruit de papier froissé et la lueur aveuglante d'un éclair explosa dans la pièce, accompagnée d'un coup de tonnerre et d'une intense odeur de soufre. Une fumée acre et épaisse se forma tout autour du foyer. Méphistophélès avait disparu et, se retournant, l'homme vit de nouveau Ingeborg assise dans son fauteuil; il n'y avait plus, devant elle, de trace du pentacle. 

En dépit des précautions exagérées dont elle s'entoura, et de l'aspect rigide, un peu trop appuyé, de ses manifestations, il semble bien que cette apparietion ait correspondu à ce qu'en attendait l'homme, car non seulement il paya sans rechigner la somme promise, mais un mois plus tard, toujours sans révéler son identité, il fit savoir à Ingeborg qu'un de ses amis, résident en France, avait le vif-désir d'assister à une cérémon ie identique à celle qu'il avait eu l'insigne honneru de voir se dérouler, et qu'il était disposé à lui donner cinq millions de francs français et à assurer de surcroît ses frais de déplacement et son séjour à Paris. 

C'est ainsi qu'Ingeborg et Blunt arrivèrent en France. Mais malheureusement pour eux ils n'y arrivèrent pas seuls. Trois jours avant leur départ, Aurélio Lopez, dont les affaires avaient mal tourné, les avait rejoints à Ankara et il exigea de partir avec eux. Il ne leur était pas possible de refuser. Ils s'installèrent tous les trois dans le grand appartement du premier. Il était déjà convenu que Blunt ne se montrerait jamais. Quant à Aurelio, il fut décidé qu'au lieu d'embaucher une femme de chambre et un maître d'hôtel, il ferait, sous le nom de Carlos, office de chauffeur, de garde du corps et de boy.

En un peu plus de deux ans, Ingeborg fit apparaître 82 fois le Diable, pour des prix qui finirent par atteindre vingt, ving-cinq et même une fois trente millions de francs (anciens). La liste de ses clients comprend six députés (dont trois devinrent effectivement ministres, et un seulement sous-secrétaire d'Etat), sept haut fonctionnaires, onze chefs d'entreprise, six officiers généraux et supérieurs, deux professeurs à la faculté de Médecine, divers sportifs, plusieurs grands couturiers, des restaurateurs, le directeur d'un journal et même un cardinal, le reste des candidats appartenant au monde des arts, des lettres, et surtout du spectacle. tous étaient des hommes, à l'exception d'une chanteuse d'opéra noire, dont l'ambition était de chanter le rôle de Desdémone: peu de temps après avoir conclu son pacte avec le Diable, elle réalisa son rêve grâce à une mise en scène "en négatif" qui fit scandale, mais assura la notoriété de la cantatrice et du metteur en scène: le rôle d'Otello était chanté par un Blanc, tous les autres rôles étant tenus par des artistes noirs (ou des Blancs maquillés) dans des décors et des constumes également "inversés" où tout ce qui était clair ou blanc (le mouchoir et l'oreiller par exemple, pour ne citer que ces deux accesoires indispensables) devenait sombre ou noir, et vice versa.

Personne n'émit jamais de doute sur la "réalité" de l'apparition et l'authenticité du pacte. Une seule fois, un de leurs clients s'étonna de conti nuer à avoir une ombre et de se voir dans les glaces, et Ingeborg dut lui faire comprender que c'était un privilège que Méphistophélès lui accordait pour lui éviter d'être "reconnu et brûlé vif en place publique".

Pour autant qu'Ingeborg et Blunt purent s'en rendre compte, l'effet des pactes fut presque toujours bénéfique: la certitude de l'omnipotence suffisait généralement à faire accomplir à ceux qui avaient vendu leur âme au Diable les prodiges qu'ils attendaient d'eux-mêmes. Le couple n'eut pas, en tout cas, de problème de recrutement. Trois mois à peine après leur arrivée à Paris, Ingeborg dut commencer à refuser les offres qui affluaient et à imposer aux candidats des tarifs de plus en plus élevés, des délais d'attente de plus en plus longs et des épreuves préparatoires de plus en plus rigoureuses. Quane elle mourut, son "carnet de commandes" était rempli pour plus d'un an, plus de trente candidats attendaient leur tour, et quatre d'entre eux se suicidèrent en apprenant sa mort.

La mise en scène des apparitions ne fut jamais très différente de ce qu'elle avait été à Ankara, si ce n'est que, très vite, les séances ne commencèrent plus dans l'obscurité. Les torchères évasées furent remplacées par des cylindres noirs, lourds d'apparence qui, debout sur le plancher, étaient surmontés de grosses ampoules sphériques en verre d'où émanait une vive clarté bleue qui diminuait insensiblement, laissant le candidat se rendre compte tout à son aise que la salle était vide en dehors de la jeune femme et de lui-même et que toutes les issues étaient hermétiquement closes. Le réglage des lumières, le dosage des flammes, l'insonorisation nécessaire aux effets de tonnerre, le déclenchement des pastilles de ferrocérium produisant à distance des étincelles, le maniement de la limaille de fer et des aimants, toutes ces techniques de turcage furent perfectionnées et quelques autres introduites, en particulier l'emploi de certains insectes aphanniptères doués d'un pouvoir phosphorescent qui les nimbe d'un halo vert, et l'usage de parfumes et d'encens spéciaux qui, se mêlant à l'odeur des lys et des tubéreuses dont les lieux étaient constamment imprégnés, créait une sensation propice aux manifestations surnaturelles. Ces ingrédients n'auraient jamais suffi à persuader un être un tant soit peu sceptique, mais ceux qui avaient accepté les conditions d'Ingeborg et qui avaient enduré les épreuves préliminaires arrivaient le soir du pacte prêts à être convaincus.

(...) 

 

 

 

 

 

 

 

 

viernes, 23 de enero de 2026

El disfraz se ha convertido en la realidad

 Un episodio de LAS CHICAS DE LA ACADEMIA, de José Solana:

16- El jardín de los remedios 

A la mañana siguiente, Cloe se dirigió al dispensario como de costumb4re, mientras Fanóstrata se quedó en casa para iniciar el tratamiento de Axiotea.

—Has dejado tu ropa de varón.

—Sí, mi mortaja. Mientras esté aquí volveré a ser mujer, después ya veremos.

—¿Y qué hay de la regla? Algo me ha dicho Ártemis.

—Llevo ya dos faltas, y no conozco varón.

—Es un trastorno frecuente, sobre todo si has tenido algún disgusto, que a la vista está. Cuéntame qué síntomas sientes.

—Todo ha empezado con el disfraz. Al principio, estaba encantada, aprendía mucho en la Academia, conversaba, participaba en los debates. Lo ideamos todo para que nos admitieran. El problema es que con el paso del tiempo el disfraz se ha convertido en la realidad. Yo hago de varón, con el estatus de varón, voy a las conferencias, a los debates, a las lecturas y Lastenia hace de sumisa esposa, y menos mal que ahora trabaja de copista, que es algo más cercano al saber y a la filosofía, pues copia libros de Platón, pero no deja de ser la mujer en un mundo de hombres, vamos, como una sirvienta. Eso me duele, y a ella, también. Así empezó.(...) 

jueves, 11 de diciembre de 2025

Recursos metaficcionales

Me citan en México: 

Salazar-Mendoza, Margarita. "Recursos metaficcionales en la construcción de la narrativa contemporánea." La Colmena 128 (Oct.-Dec. 2025): 43-58.* (Agota Kristof, Hernán Díaz, Percival Everett).

https://lacolmena.uaemex.mx/article/download/24440/19889/

         2025

 

lunes, 28 de abril de 2025

El arte (dramático) de la Vida

 Henry Fielding, Amelia, I.1

Capítulo Primero: Que sirve de Introducción:

Veránse en esta Historia los diversos accidentes que sucedieron a dos dignos esposos después de su unión con los estrechos lazos del matrimonio. La mayor parte de las desgracias que tuvieron que sufrir fueron tan grandes, y los incidentes que las causaron tan extraordinarios, que parecen haber apurado toda la malicia y las invenciones más exquisitas que la superstición atribuye a la Fortuna. Que la Fortuna pueda tener parte en nuestras cosas, ni aun que exista semejante ente en el Universo, es lo qeu yo me guardaré muy bien de decir. En todos tiempos ha sido injusta con la Fortuna la voz pública, atribuyéndole gran número de sucesos, en los cuales no tiene ella parte alguna. Muy duro se me hace que no sea posible explicar por medios naturales la ventura de los malvados, las desgracias de los necios y todas las miserias que las personas sensatas se acarrean ellas mismas muchas veces por abandonar las sendas de la prudencia, y seguir ciegamente los movimientos de su pasión dominante; en una palabra, todos aquellos acontecimientos de que se acusa por lo ordinario a la Fortuna, aunque no se tenga más fundamento para ello ,que el que uno que juega mal tiene para quejarse de su desgracia en el ajedrez.

Si los hombres maldicen las más veces sin motivo a este ente imaginario, también se hallarán precisados a recompensarle de este agravio, dándole en otras ocasiones el honor que no merece tampoco. Salir de las tristes consecuencias de una imprudente conducta, vencer a la desgracia luchando valerosamente contra ella, es uno de los más nobles esfuerzos de la prudencia y de la virtud. Y así el que llamase a semejante hombre afortunado, se explicaría tan impropiamente como el que diese el mismo nombre a un Escultor o a un Poeta por haber hecho una Venus o una Ilíada.

La vida, así como cualquier otra cosa  puede ser mirada como un arte, y no deben tenerse los grandes incidentes de ella por casualidad, como no se tienen por tales los diferentes miembros de una Estatua, o de un excelente Poema. Los Críticos no se contentan con ver en todo esto que una cosa es grande; quieren saber cómo y por qué lo es. Examinando con cuidado los diferentes grados, por los cuales todo modelo llega a la perfección, aprendemos a conocer verdaderamente la ciencia que con este modelo se ha formado. Ahora, pues, las historias del género de ésta pueden, con razón, pasar por modelos de la Vida Humana, y así el reflexionar sobre las particularidades de los diversos incidentes que se enderezan a la catástrofe o al complemento del todo, y sobre las más pequeñas causas que han atraído estos incidentes, es el medio más propio para instruirnos en la más útil de todas las artes, que yo llamo El Arte de la Vida.

 

miércoles, 29 de enero de 2025

The Sense of an Ending

 

        The Sense of an Ending. Dir. Ritesh Batra. Based on the novel by Julian Barnes. Cast: Jim Broadbent, Charlotte Rampling, Harriet Walter, Michelle Dockery, Emily Mortimer, Billy Howle, Joe Alwyn, Freya Mavor, Matthew Goode, Edward Holcroft, James Wilby. UK, 2017.

 

        Vi hace unos años esta película, y me gustó, y sin embargo la había olvidado completamente. Me he acordado de ella al leer la novela de Julian Barnes en la que se basa. Sobre un jubilado divorciado que vuelve a contactar con una novia de hace cuarenta años, a la que dejó plantada o quizá más bien le dejó plantado, y empezó a salir con un amigo de él... Con las muchas iluminaciones y desilusiones que trae la retrospección. Un pasaje característico:


        Her attitude towards me, now that I looked at it, had been consistent — not just in recent months, but over however many years. She had found me wanting, had preferred Adrian, and always considered these judgements correct. This was, I now realised, self-evident in every way, philosophical or other. But, without understanding my own motives, I had wanted to prove to her, even at this late stage, that she had got me wrong. Or rather, that her initial view of me — when we were learning one another's hearts and bodies, when she approved of some of my books and records, when she liked me enough to take me home — had been correct. I thought I could overcome contempt and turn remorse back into guilt, then be forgiven. I had been tempted, somehow, by the notion that we could excise most of our separate existences, could cut and splice the magnetic tape on which our lives are recorded, go back to that form in the path and take the road less travelled, or rather not travelled at all. Instead, I had just left common sense behind. Old fool, I said to myself. And there's no fool like an old fool: that's what my long-dead mother used to mutter when reading stories in the papers about older men falling for younger women, and throwing up their marriages for a simpering smile, hair that came out of a bottle, and a taut pair of tits. Not that she would have put it like that. And I couldn't even offer the excuse of cliché, that I was just doing what other men of my age banally did. No, I was an odder old fool, grafting pathetic hopes of affection on to the least likely recipient in the world. 




Krapp's Last Tape



miércoles, 5 de junio de 2024

What Ceremony Else

Retropost, 2014:

A passage from Christopher Rush's biographical fiction on Shakespeare, Will (2007). It is a novel much possessed by death, as it is structured around a conversation with his lawyer concerning Will's final will and testament, and his life now all past and no future. But there are many other deaths to go through before the final one. Here (ch. 47) Shakespeare reminisces on the death of his son Hamnet—and on the traces it left in his work. Such traces are not in the least explicit: there is no elegy  "On the Death of My Only Son", something which has bothered a number of scholars.  Here, Rush's Shakespeare resumes work after the child's burial.

When I finally came back to my lodgings in St Helen's, I clumped heavily upstairs to find the script of King John scattered on the table just as I'd left it. I leafed through the pages till I came back to Act Three Scene Four, where Constance, bereft of her boy, takes comfort from the Cardinal that we shall see and know our friends in heaven. 'If that be true,' she says, 'then I shall see my boy again.'

The ink in the pot had dried up in the sweltering August heat. The room smelt foul and was like an oven. I opened the shutters to let London in again, re-filled the inkpot, and with three strokes of the pen scored out the scene. Then I sat down and re-wrote it on the spot. This time the distraught mother found no confort in the golden words of the church. As I wrote, I recalled those four empty walls in Henley Street that used to echo with his laughter and prattle.


Grief fills the room up of my absent child,
Lies in his bed, walks up and down with me,
Puts on his pretty looks, repeats his words,
Remembers me of all his gracious parts,
Stuffs out his vacant garments with his form.


Stuffs out his garments. I was remembering that little pile of clothes. And how I'd sat for hours in Stratford, turning them over and over, holding them up, crushing them to my lips. My own garments were stuffed out now with a stranger. I caught a sudden sight of myself in the glass.

A ghost had come back to Bishopsgate to carry on the life of work and worry. There was nothing left for him to do. I knew he would throw himself into it, reap the rewards, bask in the glory, the honour, the fame. All of which he did. But he carried a long sorrow for his son and these were not the last lines he wrote for him. He spoke to him in his verses many a time to come. That's what the death of your nearest and dearest does to you, Francis — estranges you from yourself, from life. After the funeral you look at the world like the moon, with that vacant stare, and no one sees or knows what's on the other side.

 Ben Jonson's son died too, of the plague, seven years later (the child was seven at the time). I poured drink into Ben that night.

'His life may have been cut short, Ben — but in short measure life may perfect be.'

He looked at me with red eyes. And later stole the line when he lost a daughter and penned her an elegy. Never missed a trick, old Ben. But for his son he wrote a touching little lament of his own: Farewell, thou child of my right hand, and joy — my sin was too much hope of thee, loved boy.

My own sin had been the opposite. I hadn't thought of him enough. Not after that day I'd left him on Clopton Bridge. At least Ben Jonson didn't have that guilt to live with. But I buried my guilt between many lines. Ben's grieving love deserves to stand out clear.

Rest in soft peace, and asked, say here doth lie
Ben Jonson his best piece of poetrie,
For whose sake henceforth all his vows be such,
As what he loves may never like too much.

It was nicely turned, don't you think, that verse of Ben's? But I don't believe Ben turned back to it after that. He moved on. Maybe I moved on too, or seemed to. But it didn't stop me, couldn't stop me turning back. Grief in its fullness doesn't always erupt at the time of death. It may take years to blossom, to burst into those blackest blooms of the heart. The black bile was always threatening me anyway, but Hamnet always kept it at bay, even when I only thought of him. And when I saw him, all too seldom, he cured in me thoughts that would thick my blood, with his child's matter made a summer's day short as a winter solstice. After he died came bleak December everywhere, every day; and every day after that, somewhere in every single day that followed, I felt the chill of that one awful day that would never go away. Every chill was that same chill, every day was that same day, the day we buried him.

What ceremony else? That's what I really wanted to shout at them that day, remembering my sister all over again, and those maimed rites. What ceremony else? The old rites were gone that could have comforted. We therefore commit his body to the ground. Therefore. It follows. Because we can no longer sing him to the saints with sage requiem and ministers of grace. Because we have taken away your old rituals, and therefore something of your beliefs too — for even beliefs are made of words.

Which leaves you with what? With a private knot of pain. Goodnight, sweet prince, I wanted to whisper — and flights of angels sing thee to thy rest. But no more of that, if you please. Forasmuch as it hath pleased almighty God to take unto himself the soul of our dear brother here departed, we therefore commit his body to the ground, earth to earth, ashes to ashes, dust to dust, in sure and certain hope of the resurrection to eternal life thorugh Jesus Christ our Lord.  Sure and certain? Nothing was sure and certain any more. They didn't even call him by his name, didn't even use a personal pronoun. Not a 'thou' was spoken. Dear brother? What brother? What impersonal being was that? Dear God, he was my son, my only son. They were throwing on the earth, closing up the grave, shutting off communion, sundering me from my dead child with their Puritan words, hammered like cold nails into his coffin. Must there no more be done? Can't we help them on, our lost lovely dead? Can't they be allowed to call out to us, to help us too, the ones that mourn? Can't we communicate? Must the bond be broke so entirely by death, and the starkness of that cold ground, those inflexible words? No, the dead boy is not in heaven, he is in the earth, he's dead, dead and rotten.

That's what you're left with on that terrible day, worse than the wrath of God. Dies irae? God's anger would be acceptable, divine ire heaped on your head, better than that emptiness, that coldness in the soul, and that rebellious anguish that makes you cry out in the bitterness of your heart. No, no, no life! Why should a dog, a horse, a rat, have life, and thou not breath at all? Thou'lt come no more. That's the closest words can come to expressing the pain of child loss. And ten years later, in Lear, the pain was still going on.

It went on in play after play. Sebastian was plucked from the waves and restored to his twin sister, Viola, the sea of troubles turning to salt waves fresh in love, in my troubled mind. And Leontes sees the dead brought back to life, a miracle before his eyes, and all pain subdued. But not the son, not Mamillius. The son never comes home again. Good night, sweet prince. It's the father's fault, always the father's fault. John Shakespere's time was unjointed and I'd to set it right, an absent father, and I must be from thence, and Hamnet's life the price, aye, Will, lay thee down and roar.

So he died over and over as I lived on and wrote on and on, died in every play that filled up the space he'd left. He couldn't stop dying, even in the days of my best success. He had to keep on dying because I had to keep on burying him, laying him to rest — not in shattered Catholic rites but in the only rituals left to me, the theatre, the ones that plays provided. They could never take that away from me. What ceremony else? The play, of course, the play's the thing, once more, over and over again. It was a public burial, never ending, pulling in mourners from the globe, from the ends of the earth, but it was also deeply private too, it was that paradox of the self that only the player knows.






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miércoles, 3 de abril de 2024

El teatro del tio Gabriel

 De la novela Santander, 1936, de Álvaro Pombo (220-22):

Cuando llegó a casa se encontró con su padre en el portal, que le contó que venía de tomar el aperitivo él también, en su caso con el tío Gabriel María en el Círculo de Recreo. Alvarín lo sabía de sobra, a su padre le venía bien hablar con el tío Gabriel. Aquella mezcla tan santanderina de izquierdas y derechas, de monárquicos primoriveristas y demócratas tenía lugar en un ambiente distendido, falso y cortés: el montañés falso y cortés, recordaba con frecuencia Cayo Pombo a su hijo. Y un ejemplo eximio de cortesía y simulación, un ejemplo eminente, era el tío Gabriel María de Pombo Ybarra. El señor conde de Poblaciones de Sahagún, título que la maledicencia santanderina consideraba inventado y autoatribuido por el ilustre fundador del Ateneo, tenía la habilidad de poner a su hermano de buen humor. Siempre estaba de actualidad el tío Gabriel María. La actualidad era ahora el Frente Popular. Por inverosímil que resultase, tío Gabriel era ahora también un gerifalte cultural del Frente Popular santanderino, o, por lo menos, tan gerifalte ahora como antes. Para lograr semejante posición había que ser falso y cortés. Cayo Pombo se apresuraba a añadir siempre una precisión sobre el concepto de lo falso cuando se aplicaba a su hermano: lo divertido de Gabriel, solía decir, es que uno puede pensarle falso a la vez que está pensando lo auténticamente verdadero que es. Se deja ir por la torrentera de los discursos, se abandona al placer de las dialécticas de moda que elogia, y, de paso ya, refuta, y sus oyentes le admiran y a la vez piensan: Este es un impostor. Y el caso es que tío Gabriel no es un impostor, nunca lo ha sido: participó sinceramente en la corte santanderina de Alfonso XIII y de Doña Victoria Eugenia. Lamentó la abdicación del Rey. de algún modo se apañó con la Dictadura de Primo de Rivera, siguió teniendo siempre, en Santander, el prestigio que tenía. Era un alfonsino, un monárquico, una institución cultural que se permitía admirar públicamente las habilidades del duce español. Y luego fue, de corazón, azañista. El narrador está seguro de que sus distinguidos lectores se habrán escandalizado ya de sobra: ¿se puede mantener, en serio, que Don Gabriel María de Pombo pudiese ser sucesivamente tantas cosas contradictorias o contrarias? ¿Qué se requería para ser así y poder ser verdadero sin dejar de ser, a la vez, falso, es decir, un gran actor? Era la idea de la teatralidad y del actor lo que cautivaba la imaginación de Cayo Pombo Ybarra cuando hablaba de su hermano: Gabriel entendía la vida como una representación teatral constante, en la cual se le asignaban diversos papeles. Con los años, se había acostumbrado a pensar que todos los papeles eran buenos. Todos los papeles, por pequeños o por grandes que fuesen, eran puro teatro. Lo teatral era la verdadera verdad de la vida. Y uno iba desempeñando los papeles que literalmente se le venían encima con gran fruición. Este era el secreto. La inmensa gracia que para tío Gabriel María tuvo antes y después y siempre la vida, hasta el final. Nunca se cansó de ser quien era. Nunca se cansó de discutir, de argumentar, de jugar al póquer, de desplumar a todo el mundo en el Círculo de Recreo. Nunca se cansó de ser esnob y de ser, en el fondo, muy Pombo: apellidarse Pombo lo juntaba todo junto. Quizá lo confundía. En cualquier caso, ser un Pombo siempre ha sido y será muy divertido.

lunes, 5 de febrero de 2024

Epifanía del Mundo como Teatro

 Retropost, 2014:


En la increíble —pero verosímil— novela de Christopher Rush, Will,  Shakespeare (Will) redacta su testamento (Shakespeare's Will) a la vez que repasa lo que ha sido su vida—will in the world, como decía Greenblatt. El mundo como teatro ha de ser uno de los ingredientes, claro, de esta ficción plausible. La noción del mundo como gran drama le era cara al que seguramente fue quien puso nombre al Globe Theatre—yea, the Great Globe itself—e inventó su lema, "Todo el mundo actúa". 

Veamos un episodio de Will en el que se presenta este Teatro del Mundo en forma de revelación, o epifanía—un modo de aparición que le sienta bien al teatral mundo, puesto que lo propio de las epifanías modernistas—la chica-pájaro en la playa, en The Portrait of the Artist as a Young Man, la pincelada final de Lily Briscoe en To the Lighthouse— es una fusión estética de la vida y el arte, o una súbita infusión de la percepción estética en la vida cotidiana, para transformarla a la vez que dejarla como estaba y revelarla en lo que es. Una obra de arte immersiva, una película en 4-D, con un ritmo complejo, con disonancias inesperadas y oculta melodía, un gran videojuego con unos gráficos cojonudos. 

A Will le pilla por sorpresa la revelación, como debe ser, justo a tiempo para rescatarlo de una crisis vocacional cuando estaba a punto de tirar la toalla, o de cerrar el telón. Andando de cómico errante por esos caminos de Dios.







How I stuck it Christ knows. Days uncounted I nearly left the road and went straight back to Stratford. Once I remember—it was my turn for walking—I just stopped in my tracks and watched the wagon clanking on into nowhere in particular till it turned into a tiny cloud on the skyline, and of no more consequence, so it seemed than any of the other spots and specks on landscape and skyscape. Nothing of it had anything to do with me—I could have gone like an arrow into Warwickshire. Then, suddenly, I heard the clown Kempe's voice coming out of the cloud, a thin little birdsong on the wind.

When that I was and a little tiny boy
With hey, ho, the wind and the rain;
A foolish thing was but a toy,
For the rain it raineth every day.

Those were my lines Kempe was singing. I remembered he'd asked me for a song to help fill out a poor part and I'd dashed it off. When I heard it now wafting across the melancholy fields, made poignant by distance, it affected me strangely. The words transformed the landscape, turned it into a vast stage, while the landscape itself gave something back to the song: a context and a setting that made it echo and linger in the mind. It struck me as sadly pleasing. At the same time I thought the song a little too good for friend Kempe, a touch subtle for such an ordinary clown, though he was a cut or two above Tarleton. Even so, I thought, this song could grace another play. Or twinkle on the lips of a wiser fool than Kempe. Who knows? Cheered a little, I trudged on again after the wagon, in the wake of my own words about the wind and the rain, and through the wind and the rain themselves, somehow become a theatre, part of a vast setting, and the faceless actors in some impersonal universal play.

En esta novela, claro, nos llega Will previamente dramatizado y mitologizado por sí mismo, siguiendo la huella—aquí sí que sí—de sus propias palabras, pues la novela de Rush es un vasto mosaico de frases y situaciones shakespeareanas recombinadas y reinventadas. Hay algo de profecía autocumplida en el ejercicio de Rush, e incluso de distorsión retrospectiva—pero tanto más nos ayuda esto a ver el elemento de profecía autocumplida que hay en la vida, en la vida como voluntad... y representación. En este Will intentando alcanzarse a sí mismo, o siguiendo sus propios pasos por anticipado. También es narración en curso, la vida, además de ser impromptu dramático.





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Sobre el lema del Globe, "todo el mundo actúa" o "todo el mundo imita a los actores":


_____. "The Whole World Plays the Fool." In García Landa, Vanity Fea 13 Dec. 2023.* (From the preface to Robert Burton's Anatomy of Melancholy).

         https://vanityfea.blogspot.com/2023/12/the-whole-world-plays-fool.html

         2023

sábado, 27 de enero de 2024

La Prisonnière

Un passage de ce volume de À la recherche du temps perdu, où le narrateur parle des impressions tout différentes des jours où il avait rencontré Albertine comme une tout jeune fille à Balbec, et puis comme une fille libre et désirée par tous, comparées à celles de la jeune femme de Paris, de la prisonnière,"Albertine, qui vivait avec moi":

Les soir où cette derniére ne me lisait pas à haute voix, elle me faisait de la musique ou entamait avec moi des parties de dames ou des causeries que j'interrompais les unes et les autres pour l'embrasser. Nos rapports étaient d'une simplicité qui les rendait reposants. Le vide même de sa vie donnait à Albertine une espèce d'empressement et d'obéisance pur les seules choses que je réclamais d'elle. Derrière cette jeune fille, comme derrière la lumière pourprée qui tombait aux pieds de mes rideaux à Balbec pendant qu'éclatait le concert des musiciens, se nacraient les ondulations bleuaâtres de la mer. N'était-elle pas, en effet, (elle au fond de qui résodait de façon habituelle une idée de moi si familière qu'après sa tante j'étais peut-être la personne qu'elle distinguait le moins de soi-même) la jeune fille que j'avais vue la première fois, à Balbec, sous son polo plat, avec ses yeux insistants et rieurs, inconnnus encore, mince comme une silhouette profilée sur le flot? Ces effigies gardées intactes dans la mémoire, quand on les retrouve, on s'étonne de leur dissemblance d'avec l'être qu'on connaît; on comprend quel travail de modelage accomplit quotidiennement l'habitude. Dans le charme qu'avait albertine à Paris, au coin de mon feu, vivait encore le désir que m'avait inspiré le cortège insolent et fleuri qui se déroulait le long de la plage et, comme Rachel gardait pour Saint-Loup, même quand il la lui eut fait quitter pour Saint-Loup, même quand il la lui eut fait quitter, le prestige de la vie de théâtre, en cette Albertine cloîtrée dans ma maison, loin de Balbec, d'où je l'avais précipitamment emmenée, subsistaient l'émoi, le désarroi social, la vanité inquiète, les désirs errants de la vie de bains de mer. Elle était si bien encagée que, certains soirs même, je ne faisais pas demander qu'elle quittât sa chambre pour la mienne, elle que jadis tout le monde suivait, que j'avais tant de peine à rattraper, filant sur sa bicyclette, et que le liftier même ne pouvait pas me ramener, ne me laissant guère d'espoir qu'elle vînt, et que j'attendais pourtant toute la nuit. Albertine n'avait-elle pas été, devant l'hotêl, comme une grande actrice de la plage en feu, excitant les jalousies quand elle s'avançait dans ce théâtre de nature, ne parlant à personne, bousculant les habitués, dominant ses amies, et cette actrice si convoitée n`était-ce pas elle qui, retirée par moi de las scène, enfermée chez moi, était là, à l'abri des désirs de tous qui désormais pouvaient la chercher vainement, tantôt dans ma chambre, tantôt dans la sienne, où elle s'occupait à quelque travail de desin et de ciselure?

Aparición del Rey Hamlet